LBSNDD : le blog sans nom de dimitri

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mardi 28 juin 2005

Tous coupables !

P2P : la Cour suprême américaine donne gain de cause aux majors du disque et du cinéma

Cet article sur ZDNet m'a donné l'idée d'un petit jeu : démontrer que toute entreprise est potentiellement coupable avec une telle jurisprudence.

  • les fabriquants d'ustensiles de cuisines : un couteau peut servir d'arme ;
  • les fabriquants de matériel de bricolage : une échelle est si vite tombée lorsque l'on passe dessous ;
  • les fabriquants de papeterie : il est si facile d'écrire une fausse lettre de mauvaise nouvelle ;
  • les agences de voyages : les avions, ça tombe, les trains, ça déraille ;
  • les entreprises liées à la voirie, qui entretiennent les rues dans lesquelles les passants sifflotent des musiques sous copyright ;
  • les fabriquants d'appareils photo qui favorisent les atteintes au droit à l'image ;
  • les fabriquants de téléphones (portables ou non) qui permettent aux terroristes de communiquer entre-eux ;
  • ...

À vous de poursuivre cette liste. Une fois étoffée je pourrai l'envoyer à Sarkozy qui prendra les dispositions nécessaires pour importer ces bonnes méthodes étasuniennes.

samedi 25 juin 2005

Lectures de la semaine

vendredi 24 juin 2005

Tolérance Zéro

Il est revenu encore plus aggressif, plus présent dans les média, Sarko dit le Nettoyeur. Déjà à l'époque de son premier séjour à l'Intérieur, Miss Hélium, groupe tekno-punk, lui avait consacré cette chanson malheureusement toujours d'actualité après l'opération marketing à la Courneuve. Tous les titres de Miss Hélium sont disponibles sous licence musique libre et à télécharger sur le Web.

Concernant la présumée faute professionnelle qu'aurait commise le juge d'applications des peines dans l'affaire Patrick Gateau, je vous encourage à lire l'analyse de maître Éolas : Liberté conditionnelle et récidive.

vendredi 17 juin 2005

Lectures de la semaine

vendredi 10 juin 2005

Lectures de la semaine

Une petite sélection d'articles parus cette semaine.

« En période de mutation, la seule politique juste doit protéger le créateur et inciter l’intermédiaire à évoluer. Puisqu’il s’agit bien de préserver les deux seuls maillons irremplaçables de la chaîne culturelle, les créateurs et le public. Et de ne pas protéger indûment les intermédiaires, censés à chaque étape s’adapter ou périr. »

mardi 7 juin 2005

Jeu, set et match

Au cours de l'année 2001 je fis la connaissance de Slime Volley, jeu écrit en Java aujourd'hui présent sur bon nombre de sites. Le graphisme est plutôt rudimentaire, mais le jeu se révèle très prenant.

Il s'agit d'un jeu de volley en deux dimensions. Les deux joueurs sont dans un même plan, c'est-à-dire qu'il ne peuvent qu'avancer ou reculer. Les joueurs sont représentés par une demi-sphère. Au début le comportement de la balle sur la surface arrondie du joueur est plutôt déconcertante, voire (très ?) énervante. La vitesse de la balle, le déplacement du joueur influent sur les rebonds : il est possible de réaliser des effets.

J'ai ensuite délaissé Slime pour Blobby Volley qui proposait à deux joueurs de s'affronter en réseau. De plus, le jeu était plus simple, il était facile de trouver des partenaires, surtout lorsque l'on travaille dans le jeu vidéo. Mais, Blobby présente quelques défauts. Il n'existe que pour Windows, n'a pas été programmé de manière optimisée ce qui fait qu'il nécessite une grosse configuration et s'avère difficilement jouable hors d'un réseau local.

Tout récemment j'ai fait la connaissance de Paraball fortement inspiré de Slime Volley. Développé grâce à la bibliothèque Fenix initialement pour la console de poche Gamepark32 il est également disponible pour Linux et Windows. Les sources sont fournies avec pour toute mention légale : « No licence. Do whatever you want with this :) » (Pas de licence. Faites ce que vous voulez avec.)

On reconnait rapidement l'influence Slime Volley avec une touche de Matrix. Paraball propose plus d'options que Slime Volley. Ainsi, vous pourrez jouer en tie-break (comme dans Slime) mais aussi en mode advantage (il faut prendre le service avant de pouvoir marquer des points) et le terrible mode rebonds (pour marquer, la balle doit tomber trois fois dans le terrain adverse).

Trois niveaux de difficultés vous permettront de vous immerger progressivement. En niveau difficile le joueur CPU est vraiment aggressif et monte au bloc à chaque fois qu'il peut. Il faudra feinter. Enfin, vous pouvez jouer une partie en un, deux ou trois sets.

Toujours dans l'ambiance Matrix vous pourrez activer le bullet-time. À ce moment-là la balle et le joueur adverse sont ralentis. Cela vous permet de récupérer plus facilement une balle qui vous aurait échappée. En début de partie vous disposez d'une jauge de 100 % qui diminue lorsque vous utilisez le bullet-time. Elle remonte progressivement lorsque vous ne l'utilisez plus.

Le petit plus : Paraball dispose de sons différents pour chaque cas de figure. La balle ne produit pas le même son lorsqu'elle tape sur le joueur de gauche ou celui de droite. Idem pour le filet ou le sol en mode rebonds.

Un jeu dont vous deviendrez vite accroc. Pire, si vous possédez une GamePark, vous pourrez rendre dingue vos voisins de train :).

Paraball chez Linux Game Tome

jeudi 2 juin 2005

Anti-copie héréditaire

Un nouvel épisode dans l'acharnement contre les amateurs de musique, particulièrement ceux qui achètent leurs CD en magasin, ceux qui téléchargent ne seront pas inquiétés (ou pas longtemps alors). D'après Philippe Astor dans ZDNet, Sony BMG bloque les copies de seconde génération. C'est là le vieux rêve de Pascal Nègre [1] et de ses homologues qui se réalise : limiter la copie privée du CD audio.

Non seulement le support initial ne pourrait engendrer que trois copies, mais les CD-R enfantés seraient stériles. Un tel prodige me laisse pantois.

Sur le plan social d'abord. Vis-à-vis du public ce n'est qu'un peu plus de mépris, c'est considérer comme un pirate (donc un meurtrier si l'on s'en tient à la définition) l'honnête amateur de musique et surtout lui restreindre ce droit à la copie privée (qui n'est qu'une exception au droit comme aiment à le rappeler ceux qu'elle gène). C'est un peu comme si, pour lutter contre le cholestérol, nous ayons quelqu'un qui soit derrière nous à table et qui nous empêche de saucer le plat !

Sur le plan technique cela me semble n'être que de la poudre aux yeux (mais je n'ai pas encore eu l'occasion de tester). Un CD audio ne contenant que de la musique est comme un objet inerte qui nécessite un matériel pour s'exprimer (chaîne hi-fi, lecteur CDROM, auto-radio, etc.). Le CD contient des données qui sont exploitées par un matériel ou un logiciel capable de les comprendre. À priori, les spécifications du CD audio étant connues, il est aisé de fabriquer un tel logiciel (c'est le l'immense avantage des formats ouverts). D'ailleurs, il en existe pléthore. Donc, dans un tel cas de figure, les données (pistes audio) sont accessibles à tous sans contrainte.

Dans l'article de Philippe Astor on apprend « Avec la protection étendue XCP de First4Internet (eXtended Copy Protection), ils sont gravés dans le format Windows Media de Microsoft et, tout en restant lisibles par n'importe quel ordinateur ou lecteur de CD audio, ils conservent cette protection. » Tout cela fleure bon le DRM...

Outre l'affirmation fausse comme quoi les pistes audio restent « lisibles par n'importe quel ordinateur » à laquelle il aurait fallu ajouter « qui dispose des logiciels autorisés », on en apprend un peu plus sur ledit procédé d'anti-copie héréditaire. Il semble que pour lire et copier un tel CD vous devriez utiliser Windows Media Player (ou un autre logiciel dont l'éditeur aurait passé un accord commercial avec Microsoft), donc une plate-forme Microsoft Windows (probablement XP ou supérieure car il vous faudrait une version suffisamment récente de WMP qui ne serait compatible qu'avec XP). Le CD audio contient probablement lui-même du logiciel qui dicte les règles [2].

En gros, ce procédé de protection ne fonctionnerait pas sans la complicité d'un logiciel et donc, de son éditeur. Pourtant, là encore je me permets de douter de l'efficacité d'un tel procédé. Le problème semble techniquement insoluble. C'est pour cette raison que la directive européenne EUCD a été proposée et doit être transposée très prochainement en droit français. Cette directive protège juridiquement les mesures techniques de protection des supports tels que le CD. Une preuve de plus de leur inefficacité s'il s'avère indispensable de les protéger par la loi (exception faite pour les DVD depuis le 25 avril) ! Plus d'infos sur eucd.info.

Pourtant, il existe une solution toute simple, c'est « foutez-nous la paix ! ». La culture, les auteurs et le public n'ont pas besoin de tels artifices. Seuls les intermédiaires en ont besoin pour accroître leurs bénéfices.

Lire aussi mon précédent billet sur les procédés anti-lecture.

Notes

[1] Ce même Pascal Nègre qui avait déclaré le 10 septembre 2003 lors d'un forum des droits sur l'Internet « que effectivement quelqu'un puisse faire 5, 10, 15, 20 copies (à partir d'un même CD), pour moi ce n'est plus de la copie privée, c'est de la piraterie privée ». Rappelons, au passage, le sens du mot piraterie.

[2] C'est déjà le cas actuellement sur certains CD audio. Le dernier best-of d'Étienne Daho contient un logiciel de lecture (un fichier player.exe) utilisable sous Windows XP (pas testé avec des versions antérieures). Il reste cependant possible de l'enregistrer en MP3 avec Real Player. en revanche, sous Linux, le support n'est pas reconnu comme un CD audio, du fait de la présence de secteurs défectueux. Mais il existe très certainement un moyen de le lire toute de même sous Linux (mon petit doigt me souffle badblocks comme remède miracle aux secteurs défectueux).

mercredi 1 juin 2005

Nexuiz

Mardi 31 mai est sorti la première version publique (estampillée 1.0) de Nexuiz, un FPS entièrement sous licence GPL. Oui, entièrement. Le code source et les données (textures, modèles 3D, musique). Il utilise le moteur Dark Places qui est une version approchante du moteur de Quake premier du nom. D'abord conçu par tatonnements, Dark Places a ensuite bénéficié de la publication sous licence GPL du moteur de Quake par idSoftware.

Cependant, n'attendez pas un concurrent à Halflife 2 ou à Halo 2 (ni même aux premiers épisodes). Nexuiz est focalisé sur le deathmatch bien bourrin qui fit le succès de ce genre de jeux. Pas de jeu en équipe, chacun pour soi et je tire dans le tas. Personnellement, c'est comme ça que j'aime les FPS. À l'opposé, j'ai aussi un faible pour Thief.

De plus, cette première version ne comporte pas de bots, donc, pas moyen de jouer en solitaire dans son coin. Vous devrez affronter des gens réels sur le réseau.

Pour ce qui est des chiffres, les voici : 3 ans et demi de développement (amateur donc incomparable avec un studio de développement), 17 cartes, 28 personnages, 10 musiques pour un total de 161 Mo. Le jeu étant en GPL, s'il rencontre du succès, ces chiffres ne vont pas tarder à grimper. Actuellement vous pouvez jouer à Nexuiz avec Windows, Linux sur architecture 32 bits, Linux sur architecture 64 bits et prochainement sur MacOSX. Toutes les versions se trouvent dans la même archive.

La version actuelle est amenée à connaître des améliorations du fait des retours des joueurs qui le découvrent (rappelons que jusqu'à il y un jour, ce jeu n'était pas public). Téléchargez-le, essayez-le et faites vos commentaires sur le forum. Et si le jeu vous plait, rien ne vous empêche de faire un petit don. N'oubliez pas que le don est le modèle économique de l'avenir.

Mon petit doigt me dit que ce jeu ne va pas tarder à se retrouver dans les distributions et sur les CD de magazines (en tout cas, je me serais empressé de le mettre si j'en avais encore l'occasion).

À bientôt sur l'un des serveur de jeu !

Nexuiz chez Linux Game Tome