LBSNDD : le blog sans nom de dimitri

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jeudi 30 mars 2006

CPE, vivez la manif de l'intérieur

J'avoue avoir du mal à comprendre le but recherché par Villepin et Chirac[1]. Surtout Villepin. Des œillères pareilles ça relève du paranormal !

Mardi, dans les rues de Marseille, nous étions 250 000 et ce chiffre parait tout à fait plausible. Imaginez, une marée humaine s'étendant du Vieux-Port à la place Périer en passant par la Canebière, cours Lieutaud et la place Castellane. Un tel enthousiasme face à l'entêtement stupide du gouvernement fait plaisir à voir.

Si vous n'avez pas eu la chance d'aller à la manif, vous pouvez toujours vous rattrapper en écoutant le podcast d'Annie Viglielmo présente dans le cortège et qui nous fait revivre cet événement.

« Marseille, ville rebelle, Marseille ville exemplaire : 250 000 personnes dans la rue le 28 Mars 2006 contre le CPE et surtout pour une autre forme de vie en société…une police très discrète, un service d’ordre interne à la manifestation parfait, des milliers de lycéens, étudiants, salariés, parents, hommes politiques, individuels, tous les genres étaient présents : un très beau Meltingpod avec de la musique, des chansons, des slogans rythmés, des interviews avec des dizaines de personnes et des questions simples : “Qui êtes vous, pourquoi êtes vous là ?”…les seuls que j’ai reconnus parmi tous ces visages étrangers au demeurant fort sympathiques : Michel Vauzelle, président du Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur et Marie-Ange chanteuse lyrique dans le groupe de rock marseillais Léda Atomica !! »

Prévu en quatre partie, ça commence par le début.

Mise à jour : Baptiste Morin propose l'image en plus ! Regardez la vidéo de la manif et ne manquez pas la baignade des étudiants de Staps dans la fontaine de la place Castellane (au tiers de la vidéo).

Anecdotique, Sharon Stone se prononce contre le CPE et cela inspire le talentueux Maester : Basic Villepin.

Plus que jamais, ça sent le sapin présidentiel pour Villepin (via Daniel Glazman).

Enfin, visitez Stop CPE.

Notes

[1] L'opportuniste Petit Nicolas a bien compris où était son intérêt et se démarque afin de ne pas sombrer avec le navire. Attention à lui, il plus malin que les autres.

mercredi 15 mars 2006

DADVSI, à lire et écouter

mercredi 8 mars 2006

Coupe du monde de football et traite des femmes

Acheter du sexe n'est pas un sport. Dites non à la prostitution des femmes pendant la coupe du monde de football en 2006.

Du 9 juin au 9 juillet 2006, 12 villes allemandes accueilleront la coupe du monde de Football. 36 millions de spectateurs environ - majoritairement des hommes - sont attendus ; et l’on estime à 40 000 le nombre de femmes « importées » d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est vers l’Allemagne pour les « servir sexuellement ».

Lisez le texte de la pétition du CATW. Pour signer, c'est par là.

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DADVSI, première journée (de deuil ?)

En ce moment même se discute à l'Assemblée nationale le projet de loi DADVSI. Mais les hostilités ont commencé lundi soir quand le ministre de la Culture retire l'article Premier, qui contenait les amendements ayant permis un pas vers l'adoption de la licence globale. Peur d'une nouvelle déculottée comme en décembre ? Ou arrogance « je fais ce que je veux avec la loi et je vous emmerde » à la Villepin ?

En tout cas, la première journée ne laisse rien présager de bon pour les défenseurs des libertés sur Internet, même s'il y a toujours quelques opposants dans la majorité (Christine Boutin, François Bayrou), les députés UMP semblent avoir été briefés et sont présents en nombre suffisant pour écraser toute contestation (lire DADVSI 2.0.1 (beta) : Un coup de gomme et ça repart et Confusion politique en première journée). La licence globale est finalement rejetée.

Je ne sais comment l'avenir va se dessiner, entre d'un côté une minorité dont la merde obscurcie la vue, refusant la révolution numérique et faisant tout pour préserver des privilèges économiques qui n'ont plus lieu d'être et de l'autre, le public, une majorité d'artistes (pas seulement des musiciens, j'insiste) qui ne veulent que partager et profiter de ce medium qu'Internet pour s'exprimer. Le bon sens l'emportera-t-il ?

« Pour Martine Billard, député Vert en faveur de la licence globale, le débat sur la licence globale reviendra nécessairement d'ici deux à trois ans, lorsque tous les acteurs auront compris l'impossibilité de maintenir sur le long terme l'esprit du projet de loi DADVSI. » Avant je l'espère...

À lire également Sauvons le Droit d’Auteur du député Frédéric Dutoit.

mardi 7 mars 2006

Citation du jour

Le temps n'est pas à la fête alors voici une citation lue sur LinuxFr pour vous donner du baume au cœur.

« Le jour où Microsoft sortira un produit qui ne se plante pas, ça sera un clou »

dimanche 5 mars 2006

Pourquoi le peer-to-peer est une technologie d'avenir ?

Le peer-to-peer (ou P2P) n'est pas :

  • un logiciel
  • une arme qui va tuer les artistes
  • une pratique assimilée à de la contre-façon

Il s'agit simplement d'une technologie de communication au même titre que le téléphone, le courrier postal, le modèle client-serveur qui régit la plupart des services sur l'Internet (Web, e-mail, FTP, SSH, etc.). Voyons en quoi cette technologie est différente du modèle client-serveur auquel nous sommes habitués, et pourquoi elle permet de s'affranchir d'une autorité de contrôle.

Ce qui suit est le début d'un article que j'avais écrit dans Linux Pratique n°22 il y a deux ans. La suite de l'article présentait les outils que l'on peut utiliser sous Linux et ne me semble pas essentielle dans le débat actuel.

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vendredi 3 mars 2006

Pour une licence globale

Je me lance à mon tour dans le débat sur la licence globale tant décriée par une frange réduite des artistes musiciens et ardemment défendue par nombre d'artistes, mais aussi de députés comme Frédéric Dutoit et Christian Paul (lire la lettre aux artistes cosignée avec Patrick Bloche et Didier Mathus).

Attention, ce qui suit est très partisan, c'est mes idées.

L'idée

Devant le constat que la technologie permet aujourd'hui de diffuser massivement à des coûts réduits et partagés par tous les maillons de cette diffusion (le principe du P2P est de partager les ressources, tant de bande passante que d'espace disque) je vois trois attitudes possibles :

  • Ne rien faire, laisser la situation telle qu'elle est : pourquoi pas, mais ça risque de coincer un jour ou l'autre et puis je pense qu'une majorité d'acteurs de ce débat souhaitent que cela change. N'oublions pas que dans la situation actuelle télécharger un film, une musique sans en avoir le droit est comparé à un acte de tuerie.
  • Réprimer pour endiguer le progrès technologique. L'Histoire montre que cette attitude est vouée à l'échec (invention de l'imprimerie, du téléphone, de la radio, des appareils de duplication, etc.). Au mieux ça pourrait marcher un temps sous une dictature...
  • Accepter le progrès et s'adapter pour que les acteurs nécessaires en sortent gagnants. Quitte à faire disparaître des maillons, des métiers devenus inutiles tels que les éditeurs de musique par exemple. À eux de s'adapter s'ils veulent continuer à exercer leur activité. La licence globale est une solution entrant dans le cadre de l'adaptation au progrès, pas forcément la seule.

Le principe

Pour une somme modique payée mensuellement l'internaute peut télécharger tout ce qu'il souhaite sans aucune contrainte.

Principe très simple. Reste à voir l'application.

Questions

Des questions auxquelles nos députés devront apporter des réponses si la licence globale devait être confirmée. Autant les aider en apportant nous-mêmes des réponses étayées.

Obligatoire ou optionnelle ?

On serait tenté de répondre optionnelle car, diront certains, à raison, tout le monde ne télécharge pas des films, de la musique, etc. En effet, mais voici pourquoi je suis pour le fait qu'elle soit obligatoire :

  • Si elle est optionnelle il faudra mettre en place pour fliquer l'internaute qui télécharge et qui veut échapper à cette contribution (cela rappelle la redevance pour l'audiovisuel), gérer les internautes en deux catégories, ceux qui souhaitent payer, ceux qui ne le souhaitent pas. Cela légitimerait les FAI à contrôler ce que téléchargent leur abonnés. Finalement tout un dispositif coûteux dans le seul but d'espionner l'internaute. En rendant la licence obligatoire on évite ces dépenses inutiles et on préserve notre vie privée.
  • Une licence obligatoire peut paraître injuste pour celui qui ne télécharge pas. Retournons le problème et une solution appaîtra ! N'est-ce pas là une occasion d'inciter le public à accéder à la culture : « vous contribuez à la création culturelle et pouvez en bénéficier en retour ». Inciter le public à découvrir autre chose que ce que l'on peut voir à la télévision, dans les multiplexes ou entendre sur les radios commerciales. Finalement, inciter le public à utiliser ce vaste et diversifié médium qu'est l'Internet. De plus, découvrir de nouveaux artistes incite généralement à les soutenir en allant les voir en concert, en achetant leurs photos ou tableaux, en allant voir leur film dans une salle de cinéma, ou simplement par le don (par exemple, en tant qu'utilisateur intensif de DotClear, il m'a paru évident de faire un don).
  • N'oublions pas que par nos impôts nous contribuons tous (oui, grâce à la TVA nous contribuons tous) à des actions que ne nous profitent pas directement. Exemple : avec mes impôts locaux je finance en partie l'Olympique de Marseille et pourtant, s'il y a bien un truc dont je me fous, c'est l'OM. Mais j'accepte tout à fait de contribuer aux activités culturelles et sportives de ma ville même si je ne suis pas toujours d'accord avec l'usage qui est fait de l'argent (hein M'sieur Gaudin, un peu plus de pistes cyclables, ce serait sympa...). La municipalité a été élue par le peuple, je respecte donc le suffrage universel.

Quel montant ?

La question est vraiment ouverte et étude économique serait plus à même d'y répondre que moi. Cependant, que pensez-vous de l'idée d'indexer le montant sur le revenu ? Ainsi chacun contribuerait en fonction de ses moyens, réduisant l'aspect injuste que j'induis en soutenant le côté obligatoire de la licence globale.

Comment la répartir ?

Certainement la question qui sera la plus difficile à résoudre et qui provoque le plus de réticences, surtout lorsque l'on sait que le système existant de rétribution de la Sacem est injuste. De plus, n'oublions pas que la Sacem ne concerne que la musique alors que la licence globale doit couvrir tous les domaines culturels, donc également le cinéma, l'image fixe, le logiciel (que l'on me corrige vite si j'oublie des domaines qui devraient êtrre concernés).

Quelques idées d'utilisation de cette manne financière :

  • les collectivités territoriales pourraient financer les concerts de groupes de musique peu connus (désolé pour M. Eddy, mais le carré des musiciens privilégiés n'a pas de raison de profiter de cet argent plus qu'un groupe qui débute) ;
  • produire les films à petit budget (là encore Luc Besson et consorts n'ont pas vraiment besoin de soutien) ;
  • financer des expositions de photos, de peintures, etc. ;
  • soutenir des troupes de théâtre (même si je pense que le théâtre souffre/bénéficie moins de la diffusion sur Internet) ;
  • permettre et maintenir un accès et une utilisation libre aux ressources culturelles (littérature, images, photos, sons, etc.) notamment pour les bibliothèques/médiathèques mais aussi les développeurs (de jeux par exemple), les webmestres, etc.
  • ...

Les commentaires sont là pour vous permettre d'apporter vos idées, contradictoires ou non.

Mise à jour

Je rajoute cet extrait de la tribune de Jérome Relinger, délégué TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) du PCF, publiée dans l'Humanité du 3 février 2006.

Mais ces fonds peuvent-ils, comme le proposent les partisans de la licence globale, être exclusivement issus d’une taxe sur la dizaine de millions d’internautes en haut débit, de l’élargissement aveugle du coût d’un abonnement déjà trop élevé ? Va-t-on, une fois de plus, laisser tranquillement de côté les gains de productivité et les profits permis par le numérique ? L’économie elle-même est dans l’ère du numérique. La majeure partie de la richesse n’est plus tirée de la vente de biens matériels, mais de la commercialisation d’oeuvres de l’esprit, grâce à l’utilisation que les capitalistes font des énormes potentiels de productivité des technologies informationnelles. En France, la productivité apparente du travail a crû de 6 % en 2004 et de 4 % en 2005 dans l’industrie manufacturière. Va-t-on laisser de nouveau la sphère privée seule profiter de ces gains, où n’est-il pas temps, enfin, qu’ils contribuent à l’accès de chacun aux richesses informationnelles ? 500 millions, c’est 50 euros par an de surtaxe pour les abonnés au haut débit, ce qui est beaucoup, et c’est moins de 1 % des profits annuels des entreprises du CAC 40, ce qui est peu.

Révolutionner le droit d’auteur

jeudi 2 mars 2006

Copier des lignes d'un fichier vers un autre

La situation : j'avais deux Vim ouverts (un en root, l'autre nom). Dans le premier (où j'ai un fichier A ouvert) je voulais copier trois lignes d'un fichier ouvert (appelons-le B) seulement dans le second. Insérer un fichier quelconque se fait par la commande :r fichier. Mais je n'ai pas trouvé comment insérer seulement quelques lignes et non tout le fichier.

Il y a bien la solution d'ouvrir le fichier B dans le Vim où A est déjà ouvert. Mais j'aurais bien aimé une solution plus directe.

Finalement j'ai créé un pipe, un fichier particulier dans lequel je peux écrire des données, et le fait de lire le fichier ultérieurement le vide de son contenu. En gros, j'écris un truc, je le lis une fois, je voie les données que j'ai écrite, je le lis une deuxième fois, il n'y a plus rien. On appelle aussi cela un tuyau (traduction de pipe), ça rentre d'un côté et ça sort de l'autre.

Donc, je crée mon pipe (sachant qu'il pourra me resservir ultérieurement) :

mkfifo ~/tuyau

Puis, dans le Vim où B est ouvert, je sélectionne les lignes à copier (V en mode commande pour passer en mode visuel suivi des flèches pour étendre la zone). Ensuite, j'écris cette sélection dans mon tuyau :

:'<,'>w >> ~/tuyau

La commande w (pour write) écrit du contenu dans un fichier. Le double chevron >> indique que l'on ajoute le contenu à un fichier déjà existant. Le marqueur '<,'> symbolise la sélection visuelle. Il est automatiquement inséré par Vim.

Ensuite, vous allez dans le Vim ouvert sur le fichier A puis vous inséré le contenu du tuyau :

:r /home/d/tuyau

Certes, cette manipulation manque certainement d'élégance, voire même d'utilité. Mais je trouve que le mécanisme des tuyaux est un outil trop peu utilisé.

Cependant, si quelqu'un connait une solution plus simple pour lire une plage de lignes d'un fichier sans l'ouvrir, je suis preneur.

Mise à jour 6 mars

sed c'est bien ! La preuve :

:r !sed -n '3,5p' B

Mais je ne désespère pas de trouver encore plus élégant...

mercredi 1 mars 2006

DRM, car nous sommes tous des délinquants

Lu sur Les moutons mécaniques rêvent-ils de pâturages bio ? un très bon billet sur les DRM. Il y explique comment fonctionne techniquement un DRM (celui de Microsoft en exemple), les contraintes que cela implique pour l'utilisateur en rappelant le danger que représente un format fermé (notamment, le problème de la pérennité des fichiers numériques). Il remarque la mutation de la possession d'un disque en un droit d'écoute octroyé et contrôlé par licence. Enfin il transpose l'usage des DRM à l'automobile (emphase forte d'origine) :

« Sortons maintenant un peu de la technologie et imaginons un gouvernement qui déciderait d'imposer à toutes les automobiles un système de radio-surveillance. Un tel système vérifierait votre permis, votre vue et votre alcoolémie avant de vous laisser démarrer. Ensuite il enverrait en permanence à un central le détail de vos déplacements, votre vitesse ou le nombre de personnes présentes avec vous. A tout moment, les serveurs, s'ils le jugent nécessaire, peuvent arrêter la voiture, la faire se garer et vous obliger à rentrer à pied. Et ceci dans le but de réduire le nombre de morts sur la route. Je ne sais pas pourquoi, mais je gage que si un tel gouvernement osait ne serait-ce qu'évoquer une telle possibilité, le bon peuple en conclurait rapidement qu'on le considère comme de potentiels meurtriers du volant et tout le monde serait bien vite dans la rue. Attention, je ne parle pas d'un radar qui constatent une infraction, mais d'un système intégré dans votre sphère privée qui vous contrôle en permanence et agit de manière préventive sur vos libertés ! »

DRM, car nous sommes tous des délinquants