Hier s'achevait la semaine de la mobilité, initiée par la Direction générale Environnement de la Commission européenne dont le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable (MEDD) est le coordinateur au niveau national. Une semaine qui remplace la journée sans voiture et qui vise à favoriser les « transports doux ».

Je reproche souvent à ce genre d'initiatives d'être trop ponctuel (exemple, la journée de la femme... pourquoi une seule journée et pas 365 ?). Cette semaine j'ai utilisé le vélo, le bus (suivant les jours) et mes pieds pour aller travailler. Pourtant, je n'ai pas le sentiment de m'être inscrit dans cette dynamique de la semaine de la mobilité. En effet, depuis le mois de juin que je travaille à l'extérieur de chez moi, je ne m'y suis jamais rendu en voiture. Même si la circulation cycliste à l'intérieur de Marseille peut paraître risquée (les pistes cyclables brillent par leur rareté), je m'obstinerai dans cette voie.

Je trouve aberrant et très égoïste d'utiliser une voiture pour faire un trajet inférieur à trois kilomètres. Aberrant car aux heures de pointes l'on va plus vite à vélo qu'en voiture (sauf dans certaines rues étriquées de Marseille où les voitures bloquent complètement le passage ou simplement quand l'automobiliste ignore superbement le cycliste). Égoïste car l'automobiliste privilégie son petit confort personnel au mépris de ses concitoyens (la polution de l'air nuit à tous, y compris au pollueur).

Communiquer

Voilà ce que je n'ai pas fait cette semaine et que je regrette, partiellement seulement. Communiquer ! La Fédération française des Usagers de la Bicyclette proposait (propose toujours d'ailleurs) des flyers à retirer ou à imprimer soi-même pour accrocher sur son vélo. J'étais d'ailleurs très jaloux de mon ancien collègue du CNRS qui en arborait un attaché à sa selle. Ce n'est pas grave, il suffit d'adapter un peu le flyer pour le rendre permanent.

Changer (un peu) ses habitudes

Hier matin justement, je me suis levé plus tôt que d'habitude pour être à l'heure à ma séance de TP à 8h. En effet, j'emprunte un trajet à travers les collines afin d'éviter l'intoxication sur l'avenue de Luminy, bondée à l'heure de pointe (voilà là un inconvénient du vélo, qui serait réduit si plus de gens abandonnaient leur voiture). Trajet sportif, un peu plus long que par la route avec douche à l'arrivée pour ne pas que les étudiants me fuient. Se déplacer en vélo implique une organisation différente d'un trajet en voiture, seulement une habitude à prendre. Il suffit d'un peu de bonne volonté. Et en plus, peu de chances d'être obèse en pratiquant régulièrement le vélo !

Dans les média

Hier matin donc, j'ai pu écouter les chroniques du 6-7 de France Inter consacrée à la semaine de la mobilité. Isabelle Monrozier posait la question pertinente : « Pourquoi les constructeurs automobiles s'obstinent-ils à nous présenter des voitures avec des compteurs qui affichent des 200, 240 km/heure alors que la vitesse est limitée ? » Octave Manset, l’un des dirigeants de BMW France répond tout sereinement que c'est au nom de la liberté ! D'après lui tous les pays n'adoptent pas les mêmes limitations que la France et donc, d'après lui toujours, cela justifient que les voitures puissent atteindre des vitesses que je qualifierais d'hallucinantes. À 240 km/h, une voiture n'est plus un moyen de transport, c'est un engin de mort. Et qu'en est-il de la consommation ? « Entre une voiture qui fait du 140 km/h et une autre qui fait du 220 km/h, la consommation d'essence, en ville, double ! Car le moteur de la seconde est réglé pour atteindre les 220 km/h. »

La chronique d'Alexandre Boussageon et David Abiker portait sur un blog que je lis régulièrement et que j'apprécie beaucoup : « Le blog antivoitures... ». À l'écoute des chroniqueurs il semble que nous ne partagions pas le même avis. Ils reprochent notamment « les poncifs qui émaillent certaines chroniques... Exemple : "La voiture est un symbole de puissance, un objet de fierté, un attribut de virilité, une arme de séduction". » Le style des rédacteurs d'Antivoitures est sans complaisance et souvent, ils appuient là où ça fait mal à notre égo d'automobiliste suffisant. Peut-être les chroniqueurs de France Inter se sont-ils sentis visés ?
On peut cependant mettre à leur crédit d'avoir parlé de ce blog et d'en avoir complimenté certains articles. Mais c'est dommage qu'ils n'aient pas donné l'URL à l'antenne (où alors j'ai pas entendu). Si elle est visible sur le site de France Inter, il ne m'a pas semblé l'entendre... un moyen de forcer les auditeurs à passer par le site de la radio et visionner les publicités ? <pub>Utilisez AdBlock et surfez tranquille</pub>.

Donc la voici : http://antivoitures.free.fr/. Je vous recommande vivement sa lecture si vous vous inquiétez un tant soit peu de notre avenir. Si chacun y met un peu du sien alors on arrivera à l'améliorer. Si l'on attend quelque chose des gouvernements hypocrites qui ont signé le protocole de Kyoto et qui s'en servent de papier hygiénique ensuite, alors on est cuits. N'allez surtout pas penser que j'accorde quelque valeur au fait que l'administration Bush n'a pas signé, en accord avec ses idées.